La mansuétude désarmante de Sidi El Hadj Aïssa Par Mohamed-Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

La mansuétude désarmante de Sidi El HadAïssa

Par Mohamed-Seddik LAMARA

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Cette photo représente sidi el hadj aissa , tel qu'il a été vu en reve par sidi hadj ali ( père de Aissa) à El Madina el mounawara lors d'un pélérinage. Le portrait a été dessiné par le grand artiste Algérien Mohamed Racim et est exposé au musée du Bardo.

Il me plait de faire revivre et dans le même souhaiter la voir susciter un heureux débat, une anecdote sur les traits les plus saillants et les plus enviables de l’immense personnalité mystique du saint patron de Laghouat. Une anecdote qui, me semble-t-il, m’avait été rapportée par le vénéré allama cheikh Bakkar, Allah yarhmou à l’occasion d’une de nos rencontres chez notre regretté et ami commun, hadj Mohamed Khanfar.

A leur retour du pèlerinage à la Mecque, Sidi El Hadj Aïssa  - à peine sorti de l’adolescence, mais déjà bien versé dans le fikh – a été laissé par son père à Laghouat, en gage de reconnaissance à l’hospitalité légendaire de ses populations.  Officier en qualité d’imam dans cette oasis dominée, alors, par deux tribus dont les rivalités ancestrales se soldaient régulièrement par des drames (mort d’hommes s’accumulait de part et d’autres), était loin d’être une sinécure pour ce jeune lettré venu de sa lointaine Tlemcen. Et à Sidi El Hadj Aïssa de déployer des trésors de persuasion pour prêcher la tolérance, la paix et la concorde. Ainsi, il est parvenu à se faire adopter par les communautés au sein desquelles il vivait et même, au-delà, dans les ksour environnants ayant ouïe dire son art consommé à arriver à bout des inimitiés les plus coriaces. Les humbles paysans et éleveurs  subjugués par l’aura apaisante du saint homme, accouraient chez lui pour lui offrir le « fel », premier régime de dattes arrivées à maturité et autres fruits primeurs dispensés, aux quatre saisons, par les généreuses palmeraies. Toutefois certains tenants de l’oligarchie de l’époque, peu portés sur la religiosité, lui vouèrent une terrible rancœur pour leur avoir en si peu de temps ravi la superbe. Les plus acariâtres parmi eux, allèrent jusqu’à colporter d’infâmes ragots sur sa vie privée. Les remarquant au cours d’un prêche, Sidi El Hadj Aïssa, serait rentré dans une vive colère pour prédire de sombres jours à ses détracteurs sans les nommer. Il aurait dit : « ya ahl laghouat fikoum nass hagara nakara oujouh, oujouh islam wa legloub, gloub n’ssara » (ô gens de Laghouat, il est parmi vous une fraction méprisante et ingrate ayant le visage de l’Islam mais le cœur impie.) Sidi El Hadj Aïssa a, par sa désarmante mansuétude, combattu jusqu’à leurs derniers retranchements, l’intolérance, la médisance et la fitna .Incontestablement, c’est grâce à son inlassable œuvre de réunificateur que Laghouat pourra s’enorgueillir de réunir, jusqu’à ce jour des gens combien hospitaliers et au caractère si doux. M.S.L

 

 

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