Les Seguias de Laghouat.

Publié le par MOHAMED BEN CHIKH AL -AGHOUATI

Vieux souvenir

 s1030446303_30230081_7694.jpg

Ce souvenir date de 1976 : en mission à Paris dans le cadre de la réintégration des émigrés au sol natal à la suite de difficultés entre les deux états ; j’ai fait la connaissance d’un compatriote, Si Tahar Soukehal, oncle de nos amis Amine Lotfi et Djamel. . Si Tahar était à Paris depuis plusieurs décennies, était bien installé et possédait un restaurant Marocain dans un quartier chic de la ville de Paris. Je suis allé à son restaurant accompagné de mon oncle Ali. Les deux hommes se connaissaient parfaitement et étaient liés par une relation d’amitié depuis une longue date.

Après avoir copieusement mangé et avant de prendre congé de Si Tahar, ce dernier me posa la question suivante :

«  Tu viens de Laghouat ? »

Oui, lui répondis-je, un peu étonné

Parfait, je voudrais savoir si les seguias sont toujours à sec  et que s’y déverse les eaux usées ?

Oui, c’est exact, fis-je

Cela fait longtemps que je n’y suis pas allé et je ne compte pas m’y rendre tant que les seguias sont toujours à sec. Je suis incapable de supporter la vue de seguias à sec alors que j’ai connu la période où  elles débordaient d’une eau limpide et pure.  Tant qu’elles n’auront pas retrouvé  leur si beau passé, je resterai loin de Laghouat.

 

Si Tahar a attendu en vain le retour d’un passé à jamais révolu et ne retourna jamais à Laghouat. La mort  l’emporta sans avoir eu le bonheur de retrouver les séguias charriant leurs eaux transparentes et dont il avait toujours rêvé.

 

Paix à votre âme ! Rahimaka Allah   , Si Tahar, Puisse Allah vous accorder le paradis et tous ses délices, vous n’y regretterez pas de n’avoir pas eu le bonheur de revoir vos seguias de Laghouat.

 

 

Publié dans SOUVENIRS

Commenter cet article

Ahmida Mimouni 18/02/2016 19:17

Quand le restaurant "Atossa" des Soukhal était fréquenté par une haute bourgeoisie parisienne, les "restaurants marocains" (quand ils existaient) étaient encore des gargottes pour émigrés sans famille. Ils n'ont commencé à acquérir la réputation qu'ils ont acquise que bien après les indépendances, mais surtout dans les années 70.
Si Tahar et Si Saâd Allah yarahmhoum se seraient sûrement mis en colère si on leur avait dit qu'ils avaient un restaurant marocain. Ceci dit nous ne voulons faire aucune injure aux restaurants marocains qui font aujourd'hui honneur à un certain art de vivre.

BOUTA 12/03/2014 15:02


je pleure


                  je fume du thé  on  me laisse pas eveillé  le desastre continue

Soukehal Djamal Abdenasser 11/03/2014 19:29


Sidi Tahar était un Laghouati de souche, de coeur ...il nous disait que 13 générations des Soukehal étaient entérrées à Sidi Yanes....il n'a pas aimé la destruction de l'oasis de Laghouat....il
n'a pas aimé la disparition des séguias...il portait Laghouat dans son âme ...il n'a pas aimé que la ville de ses ancêtres soit détruite par les Attila ....il repose en paix à Sidi yanes ...dans
le carré des Soukehal et des Molinari ......Allah yerhamhoum 

massage 11/03/2014 09:45


L'histoire reste un peu tristounette, il aurait pu goûter au délice de ce retour même sommaire, comme le suc d'uen datte...