Melh – Kim, Chameau- planton, Camelote et les autres( suite 4) Par Mohamed – Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

Melh – Kim, Chameau- planton, Camelote et les autres

«Le meilleur d’entre nous est un imposteur » (Nietzsche)

(4ème partie)

Par Mohamed – Seddik LAMARA

 

Black Rock City sur Mer des Boues, 2447

 

Les cohortes de quémandeurs blousés et impuissants, devaient pour être relogés, non seulement montrer patte blanche mais, pire,  se délester de leurs objets de valeur pour prétendre récupérer leur toit. Les moins nantis étaient alors soumis à un chantage des plus abjects consistant à souscrire à un échéancier avilissant dont rares étaient les souscripteurs à pouvoir l’honorer. C’est cette frange de parias, jetée en pâture dans les griffes de Chameau-Planton affublé du titre pompeux de marketing-manager, qui allait constituer l’eldorado pour le super chérif de BRC sur Mer des Boues. Le trio de prédateurs  Melh-Kim, Chameau-Planton et Camelote, tout en se gratifiant de généreux dividendes, s’appliquait, dans ses viles transactions, à  renflouer les caisses du maître de la cité. Des caisses regorgeant de coupures de cinq cent et mille « Universal »- la nouvelle monnaie planétaire instituée par l’Amérique-, étaient régulièrement convoyés en direction de la métropole yankee. Quant à la faune de parins protecteurs et autres sous-larbins, «Melh-Kim » ne manquait jamais de les honorer par la cession, gracieuse, de luxueux pavillons et villas cossues dont ont été délestés leurs acquéreurs légitimes. 

Grâce à de multiples compromissions entretenues par ses intermédiaires- Chameau-Planton et Camelote-, Melh-Kim a acquis une notoriété et une puissance jamais égalée. Ainsi, sa subite suprématie, tant sur les représentants de l’administration fédérale américaine sur le sol algérien que sur les « notabilités » locales, lui ont valu de supplanter le super Cherif  de BRC, All Ciribedov. De ce fait, la ville est devenue un immense vivier de convoitises foncières, immobilières, commerciales et de trafics en tous genres magnétisant une marée, sans cesse croissante, d’arrivistes, opportunistes sans foi ni loi.

 

Cheikh Abdallah, une des dernières reliques ayant le patriotisme chevillé au corps, considérait ces derniers comme une espèce au visage lisse et dérapant. A juste titre, il précisait : « sur lequel glisserait un paquebot ne rencontrant aucun récif ». Ici, le récif fait allusion au « nif », à la dignité qui a, depuis longtemps, déserté la conscience humaine.

Chameau-Planton faisait, mensuellement, le point de la situation du parc immobilier et parvenait à concocter des cas de faux contentieux qu’il se pressait de formaliser par des mises en demeure à l’adresse des malheureuses victimes aspirant à récupérer leur logis détourné à la faveur de  la situation de  fait accompli suscitée par le débarquement yankee.

Une fois le délai de la mise en demeure écoulé et foulant au pied le principe du recours, Chameau-Planton se presse « d’activer » Camelote transformé en une sorte d’androïde pour monnayer, à plus de cinq fois son prix de cession officiel, le logement du pauvre désemparé.

La rondelette différence générée par cette transaction souterraine est, évidemment, partagée en trois parties égales entre le trio de « Hef-Lef ».

Les victimes de cette supercherie se comptaient par dizaines de milliers. Il est aisé donc de comptabiliser les fortunes fabuleuses amassées par ces prédateurs.

Du fait même de cette course effrénée à la compromission au bout de laquelle s’érigent des fortunes mirobolantes, les années passaient comme une procession de nuages affligés annonçant le déluge. Apre était la quête du bonheur matériel, féroces étaient les moyens utilisés pour y accéder. (Suivra…)

 

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