Nos aïeux Laghouatis, ces précurseurs du dialogue interreligieux

Publié le par MOHAMMED HADJ AISSA

  • Nos aïeux Laghouatis, ces précurseurs du dialogue interreligieux

     

    La belle histoire de Saida la juive , superbement narrée par notre ami N. COTTE m’a fait rappeler( toutes proportions gardées)  une autre encore plus belle ; celle du juif qui ne cessait de déverser des  détritus et autres immondices au seuil de la demeure de notre Prophète (Prière et salut sur lui) .Mais l’envoyé de Dieu n’en eut cure et resta de marbre  vis-à-vis du comportement incivique de son voisin jusqu’au jour où ce dernier tombé malade, reçut la visite inattendue de Sayuidina Mohammed ,venu non pas pour une quelque remontrance, mais dans le seul but de le réconforter dans sa maladie. Stupéfait devant l’attitude magnanime du prophète, le juif prononça sur le champ la Châhada et se convertit à l’Islam.

    L’enseignement que l’on pourrait tirer de cette histoire  et à moindre degré ,de celle rapportée par N.Cotte est celui que devrait être notre comportement quotidien vis-à-vis de son prochain, fût-il un non musulman .L’Islam étant religion de paix et d’amour, notre attitude se devrait absolument d’être exemplaire, autrement dit, être teintée de respect , de retenue, de dilection et de commisération à l’égard de toute personne quelle que soit sa confession .L’indifférence, le sarcasme, la haine et l’injustice  à l’égard de son prochain et à fortiori  vis-à-vis du non-musulman ,  sont proscrites par notre religion .

    Mon père qui est presque centenaire, me parle souvent des juifs sépharades qui habitaient notre quartier Zgag El Hedjaj .Ils s’appelaient Makhlouf, Machou, Saida et Rahil. Ceux-ci vivaient en parfaite harmonie avec les autochtones, me dit-il, car ces derniers entretenaient des relations fraternelles avec leurs cousins Sémites. Les progénitures des deux communautés faisaient ensemble ZOG ETAIR durant le mois de Ramadhane,  sans que personne ne  s’en offusque. Chaque vendredi que Dieu fait, les familles juives préparaient de la galette R’GAG et la distribuent aux passants qui venaient faire la prière dans les mosquées El Khalifa et Sidi Abdelkader. En contrepartie, celles-ci recevaient  toutes sortes de fruits et légumes de saison de la part des jardiniers, m’ajoute-il. Chaque partie adoptaient une attitude révérencieuse vis-à-vis de l’autre  si bien qu’elles vivaient  toutes les deux en parfaite communion et en parfaite symbiose, voilà presque huit décades avant qu’on ne commence à galvauder ça et là, ce concept en vogue du XI siècle ; celui du dialogue interreligieux.

    Cette vie partagée et cette complémentarité intercommunautaire  n’ont pas échappé au voyageur et écrivain français Robert Dournon qui  en visitant Laghouat en 1933, écrivait alors : « …Ce qui est le plus curieux dans cette ville, ce n’est pas le dehors mais les mœurs patriarcales et traditionnelles. Les habitants indigènes, israélites ou musulmans, sont avant tout des Laghouati. Il s’est formé entre les familles habitant ce coin de terre depuis trois ou quatre siècles, des liens traditionnels qui font presque de cette population aux religions si différentes, une vraie famille. »  . C’est là, un fort témoignage plein de bons sens.  «  Et un témoin de la famille de celle-ci témoigna.. » lit-on dans El Korân El Karim. Sourate  youcef.

    Oui, cette harmonie n’aurait pas existé et survécu si la communauté musulmane Laghouatie, c'est-à-dire nos aïeux, ne s’était pas bien comportée des bonnes manières à l’égard de la communauté juive, si elle n’avait  pas non plus incarné les consignes de notre religion et si elle n’avait pas en fin de compte, adopté vis-à-vis de l’autre partie,  des attitudes puisées dans les dires et actes normatifs de notre prophète ( Salla Allah Aleihi Wa Salama.)

    En fin de compte, nous devrions-nous pas implorer le BON DIEU  en ce mois sacré pour nous aider à être  les meilleurs enfants des meilleurs parents- Kayrou Khalaf li Kayrou Salaf ? C’est-à-dire les dignes enfants de ces anciens Laghouatis qui ne ménageaient aucun effort pour œuvrer dans les bonnes actions. Alors, au travail  et Allah yerhamkoum ya jdoudna !

    BENAYA  AHMED

Publié dans AHMED BENAYA

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Soukehal Djamal Abdenasser 01/03/2013 08:28


Merci Si Cotte, merci Si Ahmed Benaya : Bien que je sois natif et originaire de Laghouat, mon amour
ne cesse de grandir pour cette ville martyre. Dans un passé récent il y avait Bennacer Benchohra, les héros et cadres de l'ALN, les compétences Laghouatis qui ont encadré les administrations
naissantes des Oasis et les premières sociétés pétrolières.


Et puis vous nous faites sortir ce merveilleux acte de tolérances de nos aïeux. Oh! my
god.


Nos aïeux Laghouatis étaient les précurseurs du dialogue interreligieux.


 Ils étaient aussi respectueux de la différence des autres et ils étaient
tolérants…..


Depuis 1974, je vis en dehors de Laghouat….à Alger on m'appelait péjorativement le guebli……dans
l'Ouest Algérien le Ouroubi, ….à Tindouf le Chrigaoui……….et j'en passe………..dans l'Est Algérien, je n'ai pas vécu ce comportement…..Ibnou Badis était présent…..Au centre du pays, les vieux (pas
les jeunes) n'arrêtent pas de rabâcher qu'ils appartiennent à telle ou telle tribu, …..et que leur tribu et/ou leur fraction est meilleure que les autres, car elle prend ses racines de la famille
de notre prophète QSSL, oubliant et effaçant d'un seul trait les préceptes de ce verset :


"يأيها الناس إنا خلقناكم من ذكر و
أنثى  وجعلناكم شعوبا وقبائل لتعارفوا إن أكرمكم عند الله أتقاكم إن الله عليم خبير." 13 الحجرات


"Ô Humains! Nous vous avons créés à partir d'un mâle et d'une femelle et Nous avons fait de vous
des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous pour dieu est le plus pieux.


Dieu est parfaitement sachant et bien informé." (13) sourate Les chambres.

Amine Lotfi 28/02/2013 16:24

Un jour, un père d'une famille excessivement très riche partit avec son fils dans la campagne, pour lui donner une leçon de vie, lui faire voir comment les gens pauvres vivaient. Ils ont passé
quelques jours dans une famille très pauvre. A leur retour son père lui demanda : - As-tu aimé ton voyage? - Oui papa. - As-tu remarqué comment vivaient les pauvres gens? - Oui papa. - Alors
dis-moi ce que tu as appris de ce voyage. Son fils dit : - J'ai vu que nous avons un chien, eux, ils en ont 4. - Nous avons une piscine au milieu du jardin, eux, ils ont un lac sans fin. - Nous
avons des lampes importées pour le patio pour nous éclairer la nuit, eux, ils ont les étoiles. - Nous avons un petit lotissement de terre, eux, ils ont des champs à perte de vue. - Nous avons des
domestiques pour nous servir, eux ils s'entraident. - Nous achetons notre nourriture, eux ils la font pousser. - Nous avons un mur tout autour du terrain pour nous protéger, eux, ils ont les amis
pour les protéger.... Le père était sans voix... et son fils ajouta : - Merci papa de me montrer combien nous sommes pauvres!

MUSTAPHA 27/02/2013 17:20


Plusieurs femmes Laghouatis avaient allaité des enfants juifs (ves) et ont en fait des frères et des soeurs de lait de leurs progénetures. Mon oncle Allah Yarahmou avait Aicha, la fille de Mima
comme soeur de lait.Quant au contenu de l'écrit de Mr Benaya, il est magnifiquement retracé. Merci

didi tahar 27/02/2013 15:48


si ahmed; comme votre pére centenaire vous aussi vous avez beucoup à dire et votre stille est si merveilleux !!!!!

Laghouatia 18/08/2011 12:00



Bien écrit bien parlé Mr BENAYA Ahmed notre cousin charaftna



Youcef Laghouati 14/08/2011 18:49



En effet mes cher amis le civisme des Laghouatis et leur respect du culte étaient de taille, et en réciprocité avec toute la composante des habitants. Je rappelle que la seule ville ou la femme
Musulmane s'appelait "LALA" et l'homme Musulman "SIDI" aussi bien par les juifs que par les chrétiens, cele prouve la tolérance des 3 religions qui existaient et vivaient cote à cote dans le
respect mutuel. Youcef Laghouati.



Lazri Noureddine 14/08/2011 17:46



Salemou Aleykoum!


Merci Ahmed pour cet article qui demontre clairement et d'une facon exacte le degré de notre civisme connu et reconnu.  QU'IL S'ETERNISE!