Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite

Publié le par LAGHOUATI

 Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite

Faisant suite au quartier des Serghin et plus au sud, s'élève, le rocher de la colline, le quartier des Juifs de Laghouat. Il est constitué par des "excavations régulières creusées dans la roche par les habitants qui s'en servaient comme coffres-forts et qui étaient plus sûre que ceux qu'ils auraient pu construire dans l'épaisseur des murs de leurs maisons".

Des deux côtés, près des portes à l'extérieur de la ville, se tiennent les marchés où les nomades apportent le bois, les bêtes, chez les Hallâf, le souk el-gâ-a sur la rah'ba-el-gâ'a (place nue), vaste terrain battu, et le souk Lekhier à côté de l'oued Lekhier chez les Serghin.

Ces deux grands axes mis à part, les quartiers ne répondent à aucun plan d'urbanisme, car à Laghouat comme dans la plupart des villes sahariennes, le resserrement et l'uniformité des habitations qui est de rigueur rappelle l'amas des cellules accolées d'une ruche.

Cet effet de masse" s'explique par le mode de croissance de la ville, les maisons se sont groupées progressivement autour d'un noyau; puits, source ou mosquée, et l'extension s'est faite "concentriquement afin de réduire au maximum la distance des habitations au pôle d'attraction et de raccourcir le rempart".

Ce phénomène classique d'agglutination se retrouve dans chacune des cellules bâties sur les deux collines.

Mis à part les deux rues, qui nous l'avons vu, traversent la ville de part en part, et qui desservent les points les plus importants : mosquée, marchés, cimetières... Laghouat est donc à l'origine, constituée par un réseau de passages étranglés où on a eu soin de multiplier les angles et de briser les lignes. Ce réseau est un "composé de ruelles, de corridors, d'impasses, de fondouks entourées d'arcades", suivant un plan qui consiste à diminuer l'espace au profit de l'ombre. La rue principale elle-même est étroite, raboteuse, glissante, pavée de blanc et flamboyante  midi... Quand on y rencontre par malheur un convoi de chameaux, on doit alors ou rebrousser chemin, ou se glisser comme on peut entre les jambes des animaux, ou attendre sous les portes que le convoi ait achevé de défiler; ce qui dure quelquefois une heure, pour peu  qu'il ait une trentaine de bêtes, chargées et venant des tribus... Cette rue n'en n'est pas moins la rue marchande, et presque la seule où l'on ait ouvert des boutiques: des cafés, des échoppes de mercerie ou de petits magasins d'étoffes et de tailleurs tenus par des Mozabites.

Tout au long de ces ruelles, se pressent des maisons couleur de terre.

à suivre...

 

Extrait posté par Ahmed Mechattah

 

Publié dans AHMED MECHATTAH

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Sahnoun 23/01/2011 21:55


La ville de Laghouat est réputée pour etre un havre de paix


Samir 23/01/2011 21:36


Pourquoi chercher aussi loin le meilleur exemple est votre serviteur Kabyle de naissance ( pere et mere Kabyles) je ne me suis jamais senti rejeté de quelque nature que ce soit alors de grace
arretant de noircir un tableau qui n'a jamais été aussi diaphane et puis comme on dit la caravane passe...............Samir Amirouche Ouramdane Azzouza


Soukehal Djamal abdenasser 23/01/2011 13:06



Quand je vous disais que Laghouat était une ville cosmopolite. Vous avez vu qu’il y avait aussi des mozabites. Les racontars et les mauvaises gueules disaient que Laghouat était
une ville fermée sur elle. Ceci dément cette version. L'intox (intoxication) et le travail de sape du colonisateur ont fait le reste.