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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 00:00


Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, ou les maisons entourées de jardins " de Jean MELIA - 82


Nous pouvons donc aimer sans crainte le sultan des saints, le sultan des hommes parfaits - Solthan Salhein, disent les Arabes, et nous n'éprouvons aucune gêne à nous trouver, en cette heure nocturne, devant l'immensité saharienne, parmi tous ces musulmans qui célèbrent sa gloire et sa bonté. 


Et les chants montent encore vers le ciel étoilé, dans la majesté pieuse de cet infini qui nous rend plus infimes que ces sables de l'oued Mzi brillants comme de fauves étoffes sous les rayons de la lune. Mais ces sables ne savent rien ni dans l'humilité séparée de leurs grains ni dans l'orgueil de leur incalculable et épais assemblent; les étoiles elles-mêmesqui, par millions, sont suspendues sur nos têtes comme des globes de diamant, ne savent rien, non plus.


Nous, les êtres humains, moins vigoureux que ces palmiers de l'oasis qui ont vu à leurs pieds se succéder tant de générations d'hommes, nous, plus faibles encore que la brise nocturne qui souffle à peine sur nos visages, nous avons la haute conscience de nous-mêmes. Ici, dans le marabout élevé sur ce rocher, il semble que nous ayons, à notre tour, une partie du rayonnement qui inonde la vie de "la meilleure des créatures" et du "chéri de Dieu", c'est-à-dire de Sidi Abd el-Kader-el-Djilali. Nous vivons à la clarté de celui qui fut aussi " le flambeau des ténèbres " et la nuit s'étendant sur le désert, pas plus que le désert lui-même, ne nous paraît maintenant ni insondable ni mystérieuse. Une incommensurable bonté s'étend alors sur cette immensité de terres, sur les pauvres herbes qui meurent d'un horrible manque d'eau, sur les pierres, sur les insectes, comme elle s'est étendue, dans la prière et dans les hymnes, sur ces fidèles dont Sidi Abd-el-Kader-el-Djilali, fondateur de l'ordre des Kadrya,est l'auguste patron.


Une grande voix répond enfin à toutes nos inquiétudes et proclame la fraternité des hommes.


O Sidi Abd-el-Kader-el-Djilali, qui souffrait, à en mourir, 285 000 maux pour les épargner à tes semblables, sultan des hommes parfaits que ne craignent pas d'invoquer les coupables autant que les vertueux, les voleurs autant que les honnêtes gens, Emir des saints vers lequel se tournent également par un privilège unique, les chrétiens et les juifs, comme ton souvenir est tendre à être rappelé à l'endroit même où tu vins prier dans une halte à jamais inoubliée, en cette oasis de Laghouat.


à suivre ...


Prochain article : Dans la ville de Laghouat -

Par MOHAMMED HADJ AISSA - Publié dans : AHMED MECHATTAH - Communauté : les amis de l'algérie
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  • Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'âme de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon cœur.

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