Souvenirs de ma vie d’étudiant- partie 2-

Publié le par LAGHOUATI

Souvenirs de ma vie d’étudiant partie 2

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Nous touchions trois cent Dinars par mois, très peu diriez-vous, non pas du tout, cette somme qui parait modique nous permet de vivre à nos aises, nous pouvions même nous permettre certaines « petites folies ».

J’habitais à la cité Revoil de Ruisseau, une nouvelle cité qui était destinée à la police et qui a été cédée au ministère de l’enseignement supérieur en fin de compte car la résidence de Ben Aknoun affichait complet. Nous nous sommes retrouvés plusieurs compatriotes habitant cette cité : il en y avait de ma promotion : Dahou H’mida, d’autres plus anciens  tel que Abdelaziz Sassi qui est devenu par la suite médecin, ou bien encore ceux qui sont venus par la suite tels que Ahmed Benhouache et Mohamed Benhouia avec lesquels j’ai partagé tout un appartement.

En deuxième année de fac, j’ai choisi de faire psycho, c’était la seule licence qui comportait 5 certificats (3 en fac de lettres et 2 en fac des sciences). C’était l’ancien système des certificats, on pouvait présenter jusqu’à trois certificats par an , ce qui pouvait vous permettre d’avoir votre licence au bout de deux ans.

Nous étions à peu près une quinzaine d’étudiants, oui c’est tout ! La plus part des enseignants étaient des français, et seulement deux algériens : le Docteur Driss Chabou en pédagogie et le Docteur Ait Sahlia en psychologie de l’enfant et de l’adolescent.

Nous descendions à Alger chaque matin par le bus de la défunte RSTA, de vieux bus que l’on prenait de l’arrêt près du vieux stade communal du Ruisseau (20 Aout actuellement). Je suivais les cours à la fac centrale, et je prenais mes repas au Restaurant universitaire du boulevard Amirouche, près du central de la police que les étudiants commençaient déjà à connaitre pour un oui ou pour un non. A cette époque et pendant de longues années, l’université était le champ d’action privilégié des  militants de gauche au sein de l’UNEA. Ses militants étaient très actifs et se recrutaient essentiellement parmi les étudiants de la fac des lettres et des sciences humaines. Le pouvoir jouait avec eux au chat et à la souris jusqu’à trouver la parade en créant une organisation rivale « les étudiants du parti », celui qui a fait cette « géniale trouvaille » n’était autre que Kaid Ahmed qui était le premier responsable du parti. Le coordonateur des « étudiants du parti » était à l’époque l’actuel ambassadeur d’Algérie en Egypte.

Nous assistions souvent à des heurts et même des batailles rangées entre les deux camps, qui finissaient par des interpellations et des emprisonnements.

En plus des cours de psychologie j’avais le temps d’assister à d’autres cours en dehors de ma spécialité, il m’arrivait d’assister en particulier à l’enseignement de quelqu’un pour qui j’avais énormément d’estime, un grand Monsieur Allah yarahmou, il s’agit du sociologue, spécialiste de Ibn-Khaldoun , Abdemajid Meziane . Son cours était très suivi et pas seulement par les étudiants. Il venait d’être libéré après son emprisonnement survenu à la suite du coup d’état de juin 1965 car il occupait le poste de conseiller du président Ben Bella. Il était d’un grand courage, il ne manquait pas de critiquer le nouveau régime de l’époque avec des mots très durs et sans aucune complaisance en ponctuant ses critiques par cette petite phrase «  je sais très bien que mes propos vont sortir de cette enceinte mais je n’ai pas peur des conséquences qu’ils peuvent avoir sur mon avenir « Un homme, en somme, comme il n’en existe pas beaucoup, et puis quel verbe et quelle maitrise du sujet !

A suivre……

Publié dans SOUVENIRS

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Samir 28/03/2011 19:37



Beaux sont les souvenirs d'un potache merci de les partager avec nous Samir Amirouche Ouramdane Tizi Ouzou



Soukehal Djamal Abdenasser 28/03/2011 00:07



Les plus belles années.